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Pour tout savoir sur Cuba hors des « tout inclus »

Cuba est une destination privilégiée pour les Québécois qui recherchent, à moindre coût, un peu de soleil et de chaleur en hiver. Le premier réflexe est d’associer Cuba aux formules tout inclus mais Cuba en formule sac à dos (ou valises à roulettes, selon la préférence !) est aussi une option extrêmement intéressante. J’ai eu la chance de tester la formule à deux reprises, en famille. Voici 10 questions qu’on me pose régulièrement pour visiter Cuba différemment!

No. 1

On part quand?

La meilleure saison pour visiter Cuba se situe entre novembre et avril (notre hiver à nous).Plages à Cuba

Le temps chaud et humide en été augmente les probabilités d’orages. On essaie d’éviter, avec les enfants, la saison des pluies qui commence en juin et qui se poursuit environ jusqu’en octobre.

No. 2

Oui, mais c’est dangereux?

Lorsqu’on a annoncé à nos proches qu’on allait à Cuba, chez l’habitant, les réactions ont été vives : « Vous mettez la vie de votre enfant en péril… », « C’est très dangereux… »

Cette vision est sûrement liée à l’idée que les gens se font de Cuba (c’est pauvre, sale, etc.), mais qui est le fruit d’une vision déformée. Il est normal d’avoir des craintes, mais avec un minimum de préparation, Cuba est une destination bien plus sécuritaire que de nombreux autres pays (ou même que certains coins de Montréal ou Paris!).

Notre médecin nous a précisé qu’avec une bonne trousse de médicaments et de premiers soins, il n’y a pas grand-chose à craindre et que les médecins cubains sont parmi les meilleurs au monde, ce que nous avons d’ailleurs vérifié malgré nous! (Avis aux curieux :  on peut lire notre expérience des urgences en campagne cubaine ici.)

No. 3

D’accord, mais on va ?

Cuba étant la plus grande île des Caraïbes, elle offre toute une palette de paysages variés : plages paradisiaques, villes coloniales colorées et campagne verdoyante. Il possible de profiter de tous ces paysages en une seule visite de 10 jours.3 - Vinales (95)

On achète, on télécharge en ligne ou on emprunte à la bibliothèque un guide de voyage sur Cuba. On aime bien le Lonely Planet Cuba pour la qualité de son information. Il existe aussi de nombreux sites internet permettant de se renseigner sur les destinations à choisir.  Google image permet aussi de « voyager » avant même d’être parti, avec une simple recherche sur le nom de la ville où on se rend.

No. 4

Et on dort où?

Les « casas particulares »

Il est possible de s’intégrer  à la vraie vie des Cubains tout simplement en vivant chez eux, dans ce qu’ils appellent des « casas particulares ».

Ces « casas » sont les maisons des Cubains, dans lesquelles ils vivent et ont le droit d’accueillir des touristes intéressés par leur mode de vie.

Les « casas particulares » sont reconnaissables au petit dessin peint sur la façade ou affiché devant l’entrée de la maison.

Capture d’écran 2016-10-14 à 20.06.25

Comment trouver les « casas particulares »?

L’accès à internet est encore relativement difficile en-dehors des hôtels. Les connections sont lentes, peu fiables et aléatoires mais malgré leurs moyens de communication limités, les Cubains ont des pages Facebook et la majorité des « casas » se trouvent sur TripAdvisor. Et même que de plus en plus sont affichées sur Airbnb, surtout si elles sont situées dans les grandes villes. En cherchant bien, il en existe beaucoup et on a l’embarras du choix.

Il est préférable de réserver d’avance même s’il est aussi possible de trouver un logement sur place à la dernière minute. À Varadero par exemple, nous avons cherché une « casa particular » sur place (nous étions insatisfaits de la « casa » préalablement choisie). Nous en avons trouvé une autre très rapidement : un résident se chargera de vous montrer très rapidement la « casa » de son frère/sœur/cousin, sans mettre de pression.

Attention, certains hôtels portent aussi « casa » dans leur nom, ce qui peut porter à confusion.

Les « casas », pour bien manger local

Les hôtes des « casas particulares » cuisinent tous les jours, souvent de manière traditionnelle alors fini le buffet italien et les salades de riz des « tout inclus »!

Nos hôtes proposaient souvent différents plats le matin, pour que l’on puisse choisir selon la pêche du jour ou ce qu’il y avait au marché… On a souvent de belles surprises!

C’est aussi le moment idéal pour initier nos enfants aux nouvelles saveurs et aux nouvelles réalités : Lucien a gouté du « pulpo » frais (de la pieuvre). Certes, il n’a pas aimé, mais au moins, il y a goûté!

Se sentir comme à la maison

Autre avantage de la « casa » : pendant le dodo des enfants, les parents peuvent être sur le patio, au salon ou confortablement installés avec un « mojito » maison sur la terrasse, et profiter de la vue. Nous ne sommes pas coincés dans une chambre d’hôtel et c’est même parfois mieux que de louer une maison de vacances car le ménage quotidien de la chambre est offert (et c’est toujours très propre)!3 - Vinales (90)

No.

C’est facile de communiquer?

La majorité des hôtes des « casa particulares » parlent un minimum de français ou d’anglais. On n’a donc pas eu de grosses difficultés à communiquer. Ils sont habitués de recevoir des touristes du monde entier et connaissent donc les besoins essentiels de ceux-ci. Nous avons la chance de parler espagnol, ce qui nous permet de se rapprocher plus rapidement des hôtes. On a eu des échanges très chaleureux avec eux et même des cours de danse et de cuisine improvisés!

La Havane cours de musique
Les enfants n’ont pas de problèmes de langue, ils jouent ensemble et se comprennent étonnamment bien malgré la différence de culture. Les jouets circulent de main en main et les sourires (et les pleurs) ponctuent ces échanges enrichissants pour tous.

Aller chez l’habitant, c’est d’abord et avant tout créer une relation de partage et d’échange. C’est l’occasion d’apprendre et d’initier nos enfants à des valeurs et à des cultures différentes, quoi que certaines valeurs sont universelles (respect, curiosité, ouverture, partage, etc.). 

No. 6

Sur place, on se déplace comment?

Lors de nos séjours, nous n’avons jamais loué de voiture, mais c’est tout de même possible si on souhaite avoir plus d’autonomie. Tous nos trajets en bus locaux ou en taxi nous ont permis d’aller là où on voulait sans contrainte, même pour faire Varadero – La Havane – Vinales – Varadero.

Taxi 

À Cuba, il y a des taxis partout, à tous les coins de rue. Ce sont en majorité de vieilles voitures américaines colorées. Les enfants ont été émerveillés par ces voitures!Vieilles voitures américaines à Cuba

Pour les tarifs, tout est une question de négociation. Comme il n’y a pas de compteurs dans les taxis, on fixe le prix de la course à l’avance, en fonction de la distance, mais aussi en fonction du nombre de personnes qui payent. En effet, il n’est pas rare de partager son taxi avec d’autres personnes, si elles se rendent au même endroit que nous (surtout pour les  longues  distances).

Lors d’un de nos longs trajets, nous avions négocié un prix et le chauffeur a insisté pour qu’on ne dise pas aux autres le prix qu’on avait payé. Nous en avons déduit qu’on a payé moins cher que les autres Cubains, c’est la vie de touriste!).

Il est possible (voire nécessaire) de demander un prix à plusieurs taxis, pour le même trajet, pour vérifier que le prix est raisonnable.

Pour les longues distances, l’idéal est de se renseigner quelques jours avant et de comparer les prix avec les bus. Par exemple, nous avons comparé les prix pour un trajet Vinales-Varadejo (326 km) en autobus et en taxi, pour 2 adultes et un enfant (9 mois) et c’était moins cher en taxi, car nous l’avons partagé avec 5 autres touristes.

Nous avions toute la banquette arrière (3 places) pour nous et Lucien a pu s’allonger sur nous et dormir les 4 heures du trajet. Seuls bémols : pas de sièges pour les enfants (quasiment inexistants à Cuba) et une légère odeur d’essence. Mais cela fait partie de l’aventure.3 - Vinales (177)

Autobus

Concernant les autobus locaux, ils desservent toutes les villes avec plus ou moins d’arrêts (se renseigner avant). Nous sommes toujours partis (et arrivés) presque à l’heure, en privilégiant les autobus un peu plus confortables pour les enfants.

No. 7

On mange quoi?

Côté nourriture, tout dépend de la région : au bord de la mer, les délicieuses langoustes sont souvent accompagnées de riz, préparées de 1000 manières, et servies avec des rondelles de bananes frites. Comme nous l’ont souvent dit les Cubains : « Ici, on manque de tout, mais on se débrouille » et c’est surtout vrai en cuisine. On a toujours eu de bons plats à se mettre sous la dent!

Selon l’âge des enfants, la nourriture locale leur permet de goûter de nouvelles choses, d’apprivoiser de nouvelles saveurs, odeurs, couleurs. L’éducation passe aussi par les papilles!

Pour les enfants, on nous avait recommandé de tout apporter : couches, lait en poudre, petits pots de purée, etc. Après nos séjours et la lecture de nombreux commentaires, il s’avère que tout dépend de où on va et de la période de l’année. Dans certains cas, les magasins ont les produits nécessaires (sauf le lait en poudre), mais dans la majorité des cas, il n’y avait rien de spécifique pour les bébés. Et ce n’est pas toujours facile de faire une purée « maison »! (On consulte l’article Faire des purées sans électricité pour des astuces.) Il est donc bien de prévoir ce qu’il faut pour les bébés.

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Si on a trop de nourriture pour bébé ou autres choses inutilisées, on les laisse à nos hôtes qui seront ravis d’en faire profiter leurs proches. 

No. 8

Comment s’y rendre ?

De nombreux vols directs, en direction de plusieurs grandes villes à Cuba, sont offerts au départ de Montréal ou de Québec. On pense souvent à tort que ces vols sont exclusivement pour les clients des formules « tout inclus » mais c’est faux. On peut souvent y trouver des sièges à très bon prix.

On visite les sites de Sunwing, Air Transat, Air Canada et WestJet et on surveille les aubaines sur des sites comme Yulair. Pour des conseils futés pour acheter son billet d’avion à meilleur prix, on consulte l’article Des astuces pour acheter un billet d’avion à bas prix.

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Comme ce sont des vols nolisés, les horaires de vols varient et dépendent des saisons et des compagnies aériennes.

No. 9

Je mets quoi dans ma valise?

Certains objets nous facilitent la vie. Pour notre premier séjour de 10 jours avec un bébé de 9 mois, nous avons apprécié les éléments suivants :

Pour la randonnée

Des chaussures fermées et un sac à dos porte-bébé.  Lucien pouvait ainsi faire la sieste lors de nos longues marches dans les rues de La Havane ou dans la campagne verdoyante de Varadero.

Pour la plage 

Une tente anti-UV (qu’on placera tout de même à l’ombre), des maillots de bain complets anti-UV et une casquette ou un chapeau qui couvre la nuque.Tente UV

Lors de notre première visite à la plage avec notre bout de chou, nous avons eu la surprise de constater qu’il  a eu peur de toucher le sable. Il semble que cela arrive souvent aux bébés! On a donc apprécié avoir avec nous des chaussures qui vont dans l’eau.

Trousse de sûreté/santé 

On consulte l’article Trousse d’hygiène et de premiers soins pour plus de détails.

Jeux et jouets 

On ne s’encombre pas mais quelques livres et quelques petits jouets silencieux comme des petites voitures par exemple peuvent être utiles. En déplacement, on se rend compte que les enfants jouent beaucoup moins avec leurs jouets qu’à la maison.  L’exploration de nouveaux territoires laisse place à l’imagination et une branche de cocotier se transforme vite en bateau ou en balai.

On prend des jouets auxquels on n’est pas trop attachés. On peut ainsi les partager et les offrir aux enfants rencontrés sur place.

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On évite d’emporter le moniteur pour bébé car, bien qu’il ne soit pas interdit, cela nous évitera un interrogatoire poussé lors du passage à la douane cubaine. Il nous a fallu beaucoup d’énergie pour expliquer ce que c’était et être compris.

No. 10

Ils en ont pensé quoi les enfants?

Difficile de sonder les enfants sur leurs vacances, mais en évoquant les souvenirs et en regardant les (troooop) nombreuses photos, ils ont souvent un sourire. De notre côté, Lucien se souvient de telle plage ou de la vache dans le champ. Il ne conserve pas forcément les mêmes souvenirs que nous, mais les échanges avec les résidents locaux, les jouets échangés et le petit maracas reçu en cadeau et mis en évidence dans sa chambre restera dans sa mémoire quelques temps.

En plus des souvenirs, c’est surtout l’expérience locale qui a un impact sur le comportement des enfants et sur leur ouverture d’esprit, même si c’est difficile à mesurer.

En tout cas, la question « …on repart quand en vacances ?» revient souvent et c’est bon signe.

Si c’était à refaire, on repartirait demain!Enfants à la plage Cuba

Hasta pronto Cuba, volveremos!

Antoine

Ps. On peut découvrir mes autres articles ici et en savoir plus sur moi ici!