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Caroline et Samuel : voyager à 5

Voyager avec 3 enfants

BB Jetlag a rencontré Caroline et Samuel Sanchez Valero. Français d’origine, installés au Québec depuis plus de 15 ans, c’est à Montréal qu’ils ont décidé de fonder une famille. Parents de trois beaux garçons, Enzo 7 ans, Noah 3 ans et Jolan 6 mois, Caroline et Samuel ont toujours voyagé avec leurs enfants, mais c’est depuis peu qu’ils parcourent le monde à 5 pour leurs vacances. Retour sur leurs premières expériences avec 3 enfants en bas âge.

D’où vient chez vous le désir de voyager en famille?

Nous avons tous les deux voyagé pas mal étant petits, à des niveaux différents. Chaque fois que les vacances arrivent, le réflexe de partir découvrir un nouveau pays ou une nouvelle région se pointe.

Pour Samuel, le fait d’avoir un papa pilote lui a permis de faire, dès son plus jeune âge, de nombreux voyages d’exception comme la Polynésie, la Chine, l’Ouest américain… Il a donc souvent été en contact avec de nouvelles cultures et de nouveaux paysages. Cela a évidemment ancré en lui une aisance à voyager et une envie de découverte accrue. Samuel a 4 frères et sœurs, alors même un petit voyage devenait une grosse expédition.

De mon côté, avec un papa amoureux de la nature, j’ai surtout voyagé en France que ce soit en mode camping ou village de vacances (Club Med, etc.). J’ai également un frère et une sœur, donc le voyage à 5, je sais ce que cela implique! L’envie de partir plus loin m’est venue naturellement lorsque j’ai rencontré Sam, qui lui avait déjà pas mal bougé hors de nos frontières.

Nous avons donc tous les deux voyagé en famille durant notre enfance et en gardons de superbes souvenirs,  autant en termes de découvertes que d’osmose familiale. Alors pour nous, il est essentiel de créer et partager le désir de voyages avec nos enfants.

Depuis la naissance du petit dernier, quels voyages avez-vous faits?

Depuis la naissance de Jolan, qui a maintenant 6 mois, nous sommes partis 3 semaines à Saint-Martin (île des Caraïbes moitié française, moitié hollandaise) et nous avons séjourné quelques semaines dans le sud de la France. Vive les congés parentaux!

Le voyage à Saint-Martin s’est fait dans un but précis : se reposer au soleil. Jolan avait à peine 1mois et demi quand nous sommes partis et nous étions en plein mois de janvier. Nous voulions donc profiter de l’extérieur en toute simplicité : un maillot de bain, un t-shirt, un peu de crème et on sort! Puis nous voulions éviter le décalage horaire et aussi ne pas avoir le regret de manquer beaucoup de choses si l’on passait simplement nos journées entre plage et piscine. Alors une petite île des Caraïbes était un choix parfait!  

Pour la France, l’objectif était de venir présenter Jolan à la famille, tout en profitant de leur compagnie. Cela implique donc un peu plus de déplacements sur place une fois arrivés, afin de voir parents, grands-parents, oncles, tantes et cousins; tout en essayant de respecter le rythme de Jolan.

Quelle est la plus grande différence dans la planification d’un voyage à 5 versus à 4?

Hormis le budget des billets d’avion qui commence à devenir limitatif (quoique jusqu’à deux ans, Jolan ne paie pas ou peu, c’est bien pour cela qu’on en profite!), à 5, on sort du format standard d’une famille. Le monde du voyage n’est en général pas fait pour les chiffres impairs. Par exemple, les chambres d’hôtel ont un ou deux lits, mais pas trois (ce qui est un minimum quand on est 5 et que l’on veut bien dormir); les voitures standards sont plus confortables à 4 qu’à 5 (ou les fourgonnettes à 6 qu’à 7…); on trouve beaucoup plus facilement une table pour 4 lorsque vient le moment d’un resto; etc.

Nous privilégions donc les voyages où l’on peut se poser plus longtemps aux mêmes endroits, nous choisissons nos activités avec plus de parcimonie, et nous visons la simplicité dans les déplacements pour ne pas transformer les vacances en une succession de plans logistiques! Ainsi, à Saint-Martin par exemple, nous avions décidé de louer un petit appartement sur Airbnb dans lequel nous sommes restés pendant tout le séjour. De là, nous nous sommes promenés sur l’île, tout en alternant les journées de sortie à la plage et les journées de farniente à l’appartement avec piscine. En France, nous avions l’habitude d’aller dormir chez chacune des familles pour faire plaisir à tout le monde et partager les longues soirées et petits  déjeuners avec chacun. Nous optons maintenant pour ce que j’appelle un QG (quartier général), c’est-à-dire un endroit où nous posons le gros des bagages et où nous restons la plupart du temps, afin de ne pas faire et défaire les valises sans arrêt.

Quels aspects de votre dynamique familiale ont changé à 5?

Avec l’arrivée de Jolan, Enzo et Noah ont fait un bond en termes d’autonomie. La complicité entre les deux grands a aussi été décuplée car il y a plus de moments où nous les laissons seuls ensemble, que ce soit pour jouer ou pour la routine quotidienne comme le bain et la sieste. Enzo et Noah jouaient déjà beaucoup ensemble, mais les périodes de jeux ont pris plus d’importance pour nous. Elles nous permettent d’octroyer le temps nécessaire à Jolan…. et de nous laisser quelques périodes de repos entre adultes également!

De plus, le temps de la sieste, que nous pouvions faire sauter assez facilement avant d’avoir le troisième enfant, est devenu sacré. Autant que possible, nous essayons de l’intégrer au programme de la journée. C’est une période de calme où nous pouvons relaxer à deux, planifier tranquillement les prochaines sorties, et surtout assurer d’une bonne dynamique familiale pour le reste de la journée et la soirée (et s’éviter les crises de fatigue).

Aussi à 5, nous (les parents) sommes en infériorité numérique, c’est-à-dire que l’équilibre « un parent pour un enfant » n’est plus. Et on a beau avoir les enfants les plus cools et gentils du monde (dédicaces à mes enfants que j’aime!), il faut respecter les aptitudes et le rythme de chacun. Cela rend la dynamique familiale un peu plus complexe lorsque nous ne participons pas tous à la même activité: par exemple, Sam prend Enzo pour une activité de « snorkeling » pendant que je reste avec Noah et Jolan, puis je vais me baigner avec Noah pendant que Sam s’occupe d’Enzo et Jolan… Évidemment, les enfants grandissants, les activités tous ensemble retrouveront leur place naturellement.

Quels défis avez-vous eu à faire face?

Lorsque nous étions à Saint-Martin, nous avons voulu faire une sortie en catamaran. Les enfants étaient super excités à cette idée. Seulement, le catamaran partait de la plage, et non d’un quai… Je vous laisse imaginer Sam et moi avec 2 gros sacs, un bébé dans les bras, Noah trop jeune pour monter tout seul sur le bateau, Enzo qui faisait ça pour la première fois et le gros catamaran qui remuait avec les vagues. Mais heureusement, de gentilles personnes ayant compris notre défi familial nous ont aidés à faire monter tout le monde sur le bateau. C’est bien là qu’on réalise que l’on est plutôt aventureux avec un bébé et que notre infériorité numérique peut être parfois un défi!   

Avez-vous des leçons à tirer de vos deux premiers voyages à 5?

Les vacances sont pour nous une occasion de dépaysement et de découvertes, mais aussi de temps de qualité avec nos enfants (hors de la maison et du métro, boulot, dodo). Il est essentiel pour nous de créer des souvenirs de famille impérissables, de profiter de ces occasions uniques pour faire grandir nos enfants culturellement et émotionnellement (développer leur intelligence du cœur!). Et évidemment, l’objectif est de revenir heureux et non fatigués! Alors s’il y a une leçon à tirer de tous nos voyages, mais encore plus depuis que nous sommes 5, c’est de bien planifier en avance tout en gardant le tout le plus simple possible. Cela permet d’en profiter au maximum une fois sur place, sans prise de tête logistique, car oui, les enfants, c’est tout de même beaucoup de logistique lorsqu’ils sont jeunes.

Quel est l’item dont on ne peut se passer pour se faciliter la vie en déplacement à 5?

Une bouteille d’eau réutilisable! Ça a l’air un peu simpliste, mais sur trois enfants, il y en a toujours un qui a soif et toujours au mauvais moment (dans la ligne pour le passage aux douanes par exemple!). Je travaille en environnement et je déteste acheter de l’eau en bouteille, mais un enfant qui a soif peut vite devenir un cauchemar. Alors une bouteille d’eau réutilisable que l’on remplit, c’est notre « assurance rafraîchissement rapide et patience », surtout dans les déplacements.

Quelle(s) destination(s) rêvez-vous de découvrir en famille?

On a plusieurs plans de voyages en tête, mais notre prochaine destination rêvée, quand le petit dernier aura un peu grandi, c’est l’Équateur. On a eu la chance de faire le Costa Rica avec Enzo et Noah et cela a été magnifique! L’Amérique du Sud nous attire particulièrement et il parait que les Équatoriens sont un peuple super accueillant.